GT14 - Héritage et patrimoine

Référente : Muriel GIRARD - muriel.girard@marseille.archi.fr

Héritages, patrimoines et crises des savoirs

Le GT14 invite à repenser les notions de patrimoine et d’héritage face aux enjeux politiques, économiques, sociaux et environnementaux. Les crises contemporaines questionnent la légitimité de la production des savoirs à travers les traductions, les catégories et les acteurs en jeu. Au-delà de la sémantique, en quoi ces crises induisent-elles un déplacement de la notion de patrimoine vers celle d’héritage ? De quoi hérite-t-on, que conserve-t-on, que transmet-on et comment ? Qu’est-ce qui se rattache au patrimoine et qu’est-ce qui se rattache à l’héritage (Morisset, 2018) ? Comment, à partir de recherches empiriques, analyses et conceptions du patrimoine forgées et retravaillées dans différents contextes, notamment ceux dits des « suds », refondre, dans une perspective critique, la notion de patrimoine en étant attentifs aux transferts, circulations, traductions, sémantisations multidirectionnelles et la production induite de savoirs ? Peut-on penser au pluriel les notions de patrimoineS et d’héritageS ?

1. Les traductions. Comment les mots et sens interrogent-ils nos catégories de pensée ? Patrimoine et héritage sont-ils synonymes ? Quels sont les déplacements, les « provincialisations » (Chakrabarty, 2000), les transformations de l’un à l’autre ? Quels sont les rôles et places des dimensions matérielles et immatérielles ? Comment le rapport aux temps passé, présent, futur est-il affecté ? 

2. Les catégories. Considérant les contextes, auteurs, moments et approches disciplinaires, comment formuler et réfléchir les multiples catégories et notions appliquées au patrimoine et à l’héritage ? Il peut s’agir sans s’y limiter de : matrimoine, patrimoine populaire, habité, dark etc. Elles travaillent les attachements et les liens (aux personnes, aux lieux, etc.), les mémoires, leurs vecteurs, et plus largement les différentes modalités d’inscription dans l’espace.

3. Les acteurs sociaux et les groupes d’intérêt. En quoi et comment se saisissent-ils de catégories préexistantes, en produisent-ils de nouvelles ? Quelles sont les modalités des mobilisations qui émergent, leurs répertoires d’action et/ou revendications ? Y a–t-il des recompositions des jeux d’acteurs et l’apparition de nouveaux acteurs dans l’arène patrimoniale ? Comment repenser l’action publique, les imaginaires et les économies à travers le déplacement du patrimoine à l’héritage ? Il peut s’agir de questionner les restitutions des patrimoines et les formes multiples du faire patrimoine.

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