CR23 - L’institutionnalisation de la sociologie de l’environnement face à un enjeu sociétal inscrit dans l’urgence depuis plus d’un demi-siècle
Nathalie LEWIS - Département Sociétés, territoires et développement
Université du Québec à Rimouski - RIMOUSKI, Canada
Résumé : L’« environnement » aura peiné à s’inscrire légitimement dans le champ des sciences sociales francophones. Dans les années 1980, faire intervenir des facteurs biophysiques dans la démarche sociologique relevait quasiment du sacrilège disciplinaire. C’est au Congrès de l’ACFAS de 2002 (Québec) avec la constitution du CR-23 de l’AISLF que l’objet polysémique « environnement » se fera une place en sociologie francophone. L’objet de cette proposition vise moins à retracer l’histoire de cette institutionnalisation devant affronter les défis épistémologiques, que d’analyser cette histoire concomitamment à la montée de l’enjeu et l’effet de cette légitimation sur l’enjeu. Celui-ci, au cours des années 1960 en Occident, s’est constitué dans l’espace citoyen et institutionnel de la diplomatie onusienne : en parallèle de la science sociale. Cette proposition vise à réfléchir à l’apport et l’influence de notre discipline. Cet enjeu « quasi illégitime » en sociologie à la fin du 20ème siècle est « tellement indiscutable » aujourd’hui qu’il se retrouve partout, mais qu’apporte cette visibilité à l’enjeu (présent dans plus de treize appels des CR/GT du prochain Congrès) ? Plus encore, quel est le rôle de la connaissance scientifique face à une reconnaissance civique antérieure et militante avec des indicateurs forts de dérèglements biophysiques ? Comment les sociologues de l’environnement se positionnent face à un enjeu sociétal inscrit dans l’urgence depuis si longtemps ?