GT03 - La circulation des biens, services, savoirs et savoir-faire chinois au Gabon : entre projet hégémonique chinois et « capitulation » de l’Etat gabonais
Ernest Fabert MENSAH NGOMA ADETE - Faculté de Lettres et Sciences Humaines (FLSH), Laboratoire d'Anthropo
Université Omar BONGO de Libreville - LIBREVILLE, Gabon
Résumé : Le phénomène des compléments alimentaires venus essentiellement de Chine oblitère la frontière entre la gestion des corps et l’administration du médicament censée relever exclusivement de l’État à travers ses démembrements institutionnels, sanitaires et techniques. Les enseignes (Tiens, Longrich, JM Ocean, etc.,) promotrices du bien-être à travers une gamme de produits présentés sous formes de compléments alimentaires aux populations, promeuvent, sans cesse et en toute impunité, l’efficacité thérapeutiques de ces derniers sur un nombre impressionnant de maladies qui ressortissent pourtant de l’action publique. C'est donc précisément l’inorganisation des États qui constituerait un terreau propice au développement de l’influence chinoise. Telle est l’idée soutenue par la présente contribution. L’administration coloniale s’est employée à implémenter sur le continent les deux axes constitutifs de l’État à travers un mode d’organisation sociale territorialement particulier et bien défini. C’est le cas de la santé publique et particulièrement l’administration du médicament sur les corps. Cette communication postule l’idée que s’il est objectivement admis que la Chine procède à une sorte d’expansion de son influence culturelle sur le continent africain, il reste que les pays qui sont l’objet de cette influence prêtent, d’une certaine manière, le flanc à la réalisation de pareils projets.