GT08 - La recherche engagée au service des victimes de crimes graves : le cas des homicides hors Québec
Mélina BEAULIEU - RAIV
Université Laval - QUÉBEC, Canada
Résumé : Au Québec, les jalons de la victimologie se posent il y a plus de 50 ans sous l’influence de mouvements en faveur des droits des victimes et du militantisme féministe. La victimologie se profile sous une tradition de recherche engagée et évolue au gré des travaux initiés par des organismes d’aide aux victimes et de chercheures renommées telle que Micheline Baril. C’est en toute humilité que je – jeune chercheure – plaide pour la pérennisation d’une science engagée en victimologie : une science au service des personnes. Je me servirai de mon expérience dans le cadre d’une recherche réalisée pour l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues comme point départ. Alors que le projet s’articulait par suite de revendications de victimes dans la sphère médiatique, le débat politique avançait, laissant place en 2021 à une première reconnaissance sociale et indemnitaire des proches de personnes assassinées à l’étranger, prises en charge depuis par le régime québécois. Or, tout ceci se déployait en parallèle de la science, qui jamais ne s’était saisie de cette réalité. Alors que tout semble avoir été déjà joué et décidé, quel est, en aval des débats médiatiques et politiques clos, le rôle de la recherche ? Je retracerai, à travers ce récit, la manière dont une posture engagée a permis à la science de s’inviter au service de la production et la diffusion de savoirs pratiques pour les familles.