CR24 - L’expérience de la domination dans la pratique des acteurs : le cas du Maroc
Kamal MELLAKH
Faculté des lettres et sciences humaines - MOHAMMEDIA, Maroc
(Avec Grazia SCARFÒ GHELLAB)
Résumé : Notre communication portera sur l’expérience de la domination lue à travers la pratique des acteurs. On prendra comme exemple le cas d’ingénieurs marocains formés en France et de pharmaciens marocains formés dans les pays de l’Est. Nous montrerons que l’expérience de la domination s’inscrit surtout dans la « petite » histoire des gens et, dans notre cas, dans l’habitus de jeunes Marocains partis se former dans les Grandes écoles françaises et dans les universités et instituts des pays de l’Est. Se former dans un pays étranger n’est jamais un fait anodin. Mais si, de plus, l’on vient d’un pays « dominé », on ne peut pas sortir indemnes de ce passage par des espaces sociaux tels une école, une ville, la relation quotidienne avec les camarades, les enseignants, les gens dans la rue... Nous montrerons comment des ingénieurs qui se sont formés en France – le pays dominant – ont contribué, même sans le vouloir, à affirmer l’idée que cet dernier est « mieux » que le pays dominé. En revanche, ceux qui rentrent au Maroc avec un diplôme de pharmacien obtenu dans les pays de l’Est, ont subi de plein fouet une double domination par la langue et par le diplôme. Enfin, notre objectif est de montrer comment aujourd’hui le Maroc, un pays non hégémonique qui a subi la colonisation il y a désormais 70 ans environ, continue à nous donner matière de réflexion au sujet des enjeux liés à la coexistence et à l’interconnexion qui existent entre sociétés dominantes et sociétés dominées.