CR39 - De la portée politique des savoirs scientifiques sur l’inceste
Fanny CALVEZ
Université de Montréal - MONTRÉAL, Canada
Résumé : En étant subordonnée à une conception biomédicale ou psycho-sociale, la vulnérabilité est pendante à la notion de « groupes à risque », ces derniers étant identifiés par des « agrégats statistiques » corrélant « un comportement » avec une « variable sociodémographique ». De plus, les activités de recherche scientifique ne faisant pas de leur objet un espace pour interroger le « sens commun » ou la problématisation dominante dans la science et les institutions limitent la possibilité de produire des savoirs utiles à la critique sociale. À l’aune de l’ère Metoo au Québec, l’absence de revendications sur la question plus spécifique de l’inceste – telle qu’il a pu en être en France – est-il le signe de la perpétuation d’un « imaginaire du pauvre incestueux » dans la société, dans les institutions et dans les sciences ? Si certaines disciplines professionnalisantes tendent à sous-estimer la dimension politique de la perpétuation de la violence sexuelle intrafamiliale, nous approfondissons dans le cadre de notre recherche doctorale, en cours, la « bataille de rationalités » à l’œuvre sur ce sujet et sa transformation depuis les années 1970.