GT35 - Les gestes de la conservation : une proposition auto-ethnographique
Lisandre LABRECQUE-LEBEAU - Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales (CREMIS)
Université du Québec en Outaouais - MONTREAL, Canada
Résumé : En août dernier, un membre de ma famille proche, artiste visuelle québécoise, décédait subitement. Du jour au lendemain, je me retrouve devant l’archive d’une vie et la somme de 30 ans de création artistique, une archive « totale », s’il en est une. Ce fonds est composé d’œuvres, de documents, de schémas, de photographies et de vidéos, mais aussi d’une grande quantité de cahiers de créations et de mémentos divers. Le travail de succession et de liquidation s’amorce, constituant un travail souvent invisibilisé du « prendre soin », au-delà de la mort. La question se complexifie lorsqu’il s’agit de préserver un travail artistique et ce, à partir d’une position de dilettante face aux impératifs et aux techniques de la conservation d’art. Il faut alors fouiller, retrouver la documentation, réunir les indices, reconstituer l’œuvre, apprendre peu à peu et de se constituer un stock de connaissances pratiques. Ce legs ouvre une série de questions que je me propose d’explorer. Que veut dire « conserver » ? Que veut dire « sélectionner » ? Les réflexes méthodologiques de la sociologie peuvent-ils nourrir une démarche de constitution d’archive ? Qu’est-ce que la sociologie fait d’une archive « totale » ?