CR11 - Quel est l'état de la carte scolaire ? La politique française de la carte scolaire à l'aune des théories de l'État de Marx, Weber et Durkheim.
Christelle MANIFET - Université Toulouse 2-Jean Jaurès
Département de Sociologie-Université Toulouse Jean Jaures-CERTOP (UMR - TOULOUSE, France
Résumé : En 2016, Thomas Piketty, relayant des travaux réalisés ou en cours sur le phénomène de la ségrégation sociale dans le secondaire parisien, se demandait si le gouvernement français voulait vraiment la mixité sociale à l’école. Le phénomène est général, avec un accent particulier dans les zones métropolitaines. Il est complexe et systémique, imbriquant la sectorisation scolaire, la distribution résidentielle des familles dans l’espace urbain, la société de classes et l’existence d’un marché scolaire. Mais, à vouloir comprendre le système, on peut négliger la question de l’autonomie et du pouvoir de l’institution scolaire et de l’État éducateur. L’emprise des classes sociales sur l’école est une réalité. Je propose de mettre la politique française de la carte scolaire à l’épreuve des théories de l’État de trois fondateurs, Karl Marx, Max Weber et Émile Durkheim pour supposer l’actualité de la première et la crise des deux autres, à l’aune du rapport État/société et du tournant idéologique libéral de la société française. Ce faisant, je m’interroge sur l’expérience institutionnelle en conditions hypermodernes, avec le déclin du programme institutionnel républicain et des garants méta-sociaux, l’augmentation des risques issus du fonctionnement d’une institution rationalisée complexe et la démultiplication des hybrides (étatisation et marchandisation).