CR35 - Les programmes sport-études québécois au service de la gestion axée sur les résultats : du visible à l'invisible
Maxime TEILLET
Université d'Ottawa - OTTAWA, Canada
(Avec Alex DUMAS et Bruno PAPIN)
Résumé : Les réformes éducatives engagées au Québec depuis la fin des années 1990 sont guidées par une même orientation : améliorer la performance du système scolaire public en favorisant la réussite pour tous. L’introduction d’une politique de gestion axée sur les résultats (GAR) a transformé en profondeur les formes de gouvernance. La GAR repose sur un renforcement du pouvoir central, à qui les écoles doivent rendre des comptes en échange de leur autonomie de gestion, et se combine avec une vision néolibérale valorisant la mise en concurrence et le libre choix. C’est dans ce contexte que s’insèrent les projets pédagogiques particuliers dont les programmes sport-études (PSÉ), qui visent à offrir à des élèves-athlètes les conditions favorables à la conciliation de leurs projets sportif et scolaire. L’analyse d’indicateurs de réussite académique des élèves-athlètes et d’entretiens avec les acteurs clés de ces programmes (administrateurs d'écoles, entraîneurs et parents d'élèves-athlètes) montre que les PSÉ contribuent à la fois à renforcer la croyance en l’efficacité des parcours individualisés et à invisibiliser les effets de (re)production d’inégalités scolaires. De telles conclusions tendent à poser la question de l’érosion d’un système d’éducation national démocratique alors que la popularité de ce type de programme ne fait qu’augmenter et que le ministre de l’Éducation fait de l’accessibilité des projets pédagogiques particuliers l’un de ses « sept chantiers ».