GT07 - Les pratiques de transe comme outil de « savoir » : entre discours scientifique et approche « spirituelle »
Aurelie GIOVINE - LAAP (Laboratoire d'anthropologie prospective)
Université catholique de Louvain-la-Neuve - LOUVAIN-LA-NEUVE, Belgique
Résumé : Prenant racine dans les traditions chamaniques, des pratiques de transe se voulant dégagées de toutes logiques culturelles et/ou religieuses émergent dans le champ thérapeutique de nos sociétés postmodernes, avec cette volonté de répondre aux attentes de « bien-être » d’une population occidentale. Si les « transeurs » utilisent cet état non-ordinaire de conscience et notamment leurs émotions pour aller chercher en eux les informations utiles à leur quotidien et ainsi développer leur connaissance « spirituelle » d’eux-mêmes, des laboratoires scientifiques en explorent également les potentialités cliniques en menant différents protocoles sur base notamment de la participation, de l’expertise et du vécu (sensoriel, émotionnel) de ces mêmes transeurs (approche phénoménologique par exemple). Expérience réflexive et subjective par définition, les transes questionnent alors notre rapport aux émotions, au sensible mais aussi au « faire science » à travers cette volonté d’aller au-delà des dichotomies émotions-raison, sensible-cognitif, spirituel-rationnel... A travers une approche qui se veut essentiellement relationnelle, les transes tendent à créer un pont entre les registres, juxtaposant, opposant mais aussi enchevêtrant savoir expérientiel sensible et recherche scientifique rationnelle, questionnant ainsi les concepts même de « connaissance », de « savoir » et finalement de « (faire) science ».