CR25 - La semaine de quatre jours en entreprise : une négociation à front renversé ?
Pauline GRIMAUD - Centre d'études sur l'emploi et le travail
Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) - PARIS, France
Résumé : La « semaine de quatre jours » est l’objet d’une attention médiatique et politique croissante ces dernières années dans plusieurs pays occidentaux dont la France. Elle est souvent promue comme une « petite révolution » pour les salarié·es qui bénéficieraient d’un troisième « jour-off ». Cependant, ce sont surtout les représentant·es de direction qui sont à l’initiative des discussions et débats autour de ce dispositif susceptible d’accroître l’attractivité des emplois et la productivité des salarié·es. À l’inverse, les principales organisations syndicales sont prudentes, voire sceptiques sur cette organisation du travail qui risque d’allonger la durée quotidienne du travail et d’intensifier le travail. Au-delà de ces prises de position publiques, quels sont les acteurs et actrices qui défendent la semaine de quatre jours en entreprise ? Comment est-elle négociée localement, et avec quelles implications pour le travail, l’emploi et les collectifs des salarié·s ? Cette communication entend répondre à ces interrogations en étudiant la mise en œuvre de la semaine de quatre jours en entreprise en France. Elle s’appuie sur une recherche postdoctorale effectuée à partir d’une analyse approfondie des accords d’entreprise qui ont proposé cette organisation du travail en 2022 et 2023, de deux monographies d’entreprises qui ont adopté la semaine de quatre jours et d’entretiens complémentaires auprès d’acteurs et actrices des relations professionnelles (DRH, responsables syndicaux, etc.).