GT14 - Les Cités Michelin (Clermont-Ferrand/France), patrimoine populaire vivant ?
Amélie FLAMAND - UMR Ressources
ENSA de Clermont-Ferrand - CLERMONT-FERRAND, France
(Avec Bénédicte CHALJUB)
Résumé : Les cités ouvrières de la manufacture Michelin, qui constituent notre terrain de recherche depuis près de trois ans, nous conduisent à discuter des catégories de « patrimoine » et « patrimoine vivant », à l’heure de l’anthropocène. L'enjeu est pour nous de dépasser les oppositions entre patrimoine bâti/patrimoine immatériel, entre bâti savant/populaire, tout en pensant le caractère « vivant » au-delà de l’oralité, de l’artisanat et des arts du spectacle tel que définis de manière courante. Les cités Michelin, bâti de masse, la plupart du temps sans architecte, sont issues de l’histoire ouvrière et urbaine, ne rentrent pas dans la catégorie officielle du « patrimoine » et ne font l’objet d’aucun dispositif national de sauvegarde/protection. Néanmoins, à la suite des anthropologues A.S Haeringer et J.-L. Tornatore, dans leur introduction « Penser avec et contre le patrimoine » dans l'ouvrage Héritage et anthropocène. En finir avec le patrimoine (2022), nous avançons que ces cités constituent un « patrimoine populaire vivant », au prisme d’une définition renouvelée, « ce à quoi nous tenons et dont nous dépendons » Notre approche pluridisciplinaire nous a permis de mettre à jour une pluralité de dimensions « héritées », qui méritent d’être « sauvegardées » : un bâti représentatif, un parc de logement encore accessible doté de grands jardins, la biodiversité et le jardinage, les pratiques et usages de l’habiter, les traces d’une histoire industrielle et urbaine locale, les déprises et ancrages communautaires.