CR04 - L'agentivité des femmes en Asie centrale : entre reconnaissance et backlash
Zhanna KARIMOVA - Institut des études stratégiques
KISI - ASTANA, Kazakhstan
Résumé : Le concept d'agentivité des femmes et leur puissance d'agir varient selon les cultures, les sociétés, les périodes historiques et les expériences individuelles. En Asie centrale, les femmes sont de plus en plus reconnues pour leur capacité d'action et elles sont de plus en plus nombreuses à poursuivre leurs études et leur carrière. Cependant, cette évolution suscite des réactions négatives dans les sociétés conservatrices d’Asie centrale où les rôles traditionnels des hommes et des femmes sont profondément ancrés. L'invisibilité historique des femmes y contribue au rejet de l'agentivité des femmes. Le fait que les contributions et les réalisations des femmes soient négligées ou minimisées dans les narrations historiques renforce l'idée que leur rôle doit être confiné à certaines sphères. Ce manque de visibilité en Asie Centrale donne aussi l'impression que l'agentivité des femmes est un concept récent ou étranger (importé de l'Occident). Comment appréhender d’un point de vue sociologique l’agentivité des femmes ? Peut-on observer une capacité d’agir sous contrainte et interdiction, notamment des femmes d’Asie Centrale ? C'est à ces diverses questions issues de l'appel à communications du CR04 que je souhaite apporter des éléments de réponse à partir des trajectoires des femmes emprisonnées dans les années 1937-1938 comme « ennemies du peuple » dans le camp de Goulag au Kazakhstan, qui font l’objet de ma recherche post-doctorale.