GTE02 - « Vulnérables » mais « indésirables » : quel droit à habiter les espaces publics pour les sans-abri à l’approche des Jeux olympiques ?
Aude LAUPIE - LIER-FYT
EHESS - PARIS, France
Résumé : De nombreux travaux en sciences sociales ont révélé les évictions dont font l’objet les sans-abri dans les villes d’accueil des Jeux olympiques et paralympiques. Actuellement en contrat CIFRE avec l’une des 19 municipalités accueillant les Jeux en 2024, je mène une ethnographie d’un service de maraude de la Police municipale associant travailleurs sociaux et policiers dans une visée de « sortie de rue » de sans-abri dont la présence dans certains espaces publics est jugée problématique, proposant ainsi une approche renouvelée de cette question de l’(in)hospitalité urbaine. Ce contexte des préparatifs des JOP est particulièrement propice à l’analyse de la mise en pratique d’une double catégorisation des sans-abri, à la fois comme personnes vulnérables à assister et comme déviantes dans leurs usages des espaces publics. Comment s’articule, sur le terrain, le travail social au travail policier ? Comment les travailleurs sociaux de rue se positionnent-ils par rapport à ces missions de régulation des espaces publics, et par rapport à l’accueil des JOP par la Mairie ? Finalement, quels sont les effets de la coopération de ces deux corps de métier sur la légitimité des personnes sans abri à occuper les espaces publics ? Pour répondre à ces questions, ma contribution proposera d’analyser les moments, appelés « épreuves », où cette articulation est conflictuelle, ainsi que sur les évolutions des pratiques et des savoirs auxquelles ces épreuves amènent.