CR39 - Etudier le chemsex en tant que jeune femme cis hétérosexuelle : quels enjeux et défis ?
Marion SEROT - Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)
EHESS - PARIS, France
Résumé : Le chemsex renvoie à la consommation de substances psychoactives dans un but sexuel, pour initier, faciliter, prolonger ou améliorer les rapports sexuels. Cette pratique est souvent associée dans les discours publics à une minorité sexuelle : les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH), consommateurs de certains types de produits (nouveaux produits de synthèse (NPS), GHB/GBL, Kétamine etc.) et ayant des rapports sexuels de longue durée à plusieurs, ce qui augmente l’exposition à des risques socio-sanitaires. Ma recherche doctorale en sociologie porte sur les parcours, pratiques et la prise en charge des chemsexers à Paris. Elle s’appuie sur une méthodologie qualitative via la réalisation d’entretiens auprès de professionnel·les de santé et de chemsexers. Comment conduire une recherche sur une communauté qui n’est pas la mienne, dont je ne partage ni le genre, ni l’orientation sexuelle et dont les pratiques me sont étrangères ? Comment enquêter à partir de ma position sociale de jeune femme cisgenre hétérosexuelle sur le chemsex ? Comment se raconter, comprendre et rendre compte des discours sur un sujet aussi sensible et intime que le chemsex lorsqu’on est une outsider ? En explorant ces différentes questions, cette communication propose de revenir sur un ensemble d’enjeux et de défis épistémologiques et méthodologiques quant à la possibilité pour une femme cisgenre hétérosexuelle de mener une recherche en sociologie sur le chemsex.