Résumés des communications présentées


Communication présentée par Lorenzo MIGLIORATI :


CR11 - Cent ans après « Les Cadres sociaux de la mémoire » : l’occasion de revenir sur un classique et sur ses usages
Lorenzo MIGLIORATI - Dipartimento di Scienze Aziendali
Universita di Bergamo - BERGAMO, Italie

Résumé : Quand, en 1925, Maurice Halbwachs publia « Les cadres sociaux de la mémoire », il ne pouvait imaginer le destin des idées qu’il proposait. La réception fut bruyante et naquit sous l’étoile de la suspicion : Marc Bloch et Charles Blondel en sont des exemples. Trop peux d’histoire pour le premier ; trop de psychologie pour le deuxième. Quel a été le destin de la notion de mémoire collective cent ans après sa première parution ? Notre communication se propose d'explorer cette question en se référant à l'une des formes sociales les plus explicites à travers laquelle la notion de mémoire collective a été appliquée à l'histoire du 20ème siècle, à savoir l'idée de traumatisme. Tous deux nés sous le signe de la suspicion, les concepts de mémoire collective et de traumatisme ont été, ensuite, pleinement intégrés dans l'espace public, leur conférant plein droit de citoyenneté et donnant naissance à de nouvelles subjectivités politiques véridiques : le témoin et le traumatisé. La modernité avancée, l'accélération des processus sociaux contemporains, la multiplication des sources de témoignage et, enfin, une certaine déstabilisation sociale et politique permanente, dont la pandémie n'est que le dernier (ou plutôt déjà l'avant-dernier, peut-être le troisième) exemple, ont produit une nouvelle remise en question des formes de représentation de la douleur et de la mémoire dans le monde contemporain. La politique de la preuve est la source de la vérité. Même face à la douleur la plus indicible.