GT08 - « Justice thérapeutique » vs justice épistémique : légitimité et valorisation du savoir des personnes soumises aux tribunaux de santé mentale
Geneviève NAULT - École de travail social et de criminologie
Université Laval - QUÉBEC, Canada
Résumé : Depuis la fin du XXème siècle, on assiste à la création de tribunaux de santé mentale. Mobilisant la justice thérapeutique qui stipule que le droit peut avoir des effets thérapeutiques et devrait donc chercher à contribuer au bien-être des personnes accusées, ces tribunaux offrent la possibilité d’une peine allégée, voire d’un retrait des accusations, aux personnes psychiatrisées qui s’engagent dans un plan d’intervention pour pallier les problématiques, notamment de santé mentale et de précarité sociale, considérées sous-jacentes à leurs comportements criminalisés. La multiplication de ces tribunaux spécialisés s’est accompagnée d’une prolifération de recherches sur leur efficacité. Toutefois, peu de ces études privilégient le point de vue des personnes premières concernées et peu d’études adoptent une approche critique, misant plutôt sur le potentiel de réduction de la récidive. Dans une optique de justice épistémique qui reconnaît la validité et la valeur du savoir expérientiel des personnes psychiatrisées et criminalisées, ma thèse doctorale cherche à comprendre comment celles-ci conçoivent et vivent leur expérience au sein des tribunaux de santé mentale. La communication proposée des résultats de ma recherche doctorale s’inscrit dans le premier axe du colloque lié aux luttes de savoir du champ criminologique, notamment en lien avec la légitimité scientifique de la recherche critique s’appuyant sur le savoir expérientiel des personnes marginalisées et criminalisées.