CR40 - Le bien-être au travail : un état ambivalent ?
Stéphane MOULIN - Dpt. de Sociologie
Université de Montréal - MONTRÉAL, Canada
Résumé : Dans cette communication, nous proposons d’aborder l’évaluation du bien-être en milieu de travail selon trois modalités distinctes qui se chevauchent : le bien-être cognitif, le bien-être émotionnel et le bien-être manifesté. Méthodologiquement, nous exploitons une enquête quantitative dans deux secteurs d’activité la restauration et les universités (n=579) pour produire une analyse de classes latentes. La classification obtenue permet de sortir d’une représentation unidimensionnelle du bien-être : entre les catégories opposées des personnes « affligées » et des personnes « épanouies », ce sont des catégories intermédiaires ambivalentes de personnes qui apparaissent: les « surmenées », les « moroses », les « déçues » et les « sereines ». Cette typologie permet à la fois de désagréger la classe des personnes en détresse psychologique (qui affecte à la fois les « affligées » et les « surmenées ») et de dégager la pertinence heuristique de la distinction entre détresse psychologique et santé mentale positive (les « moroses » ne sont pas en détresse psychologique, mais n’ont pas non plus une santé mentale florissante). Elle permet enfin d’étudier le bien-être au-delà de la santé physique et psychologique proprement dite : bien que les personnes « déçues » et « sereines » apparaissent en bonne santé, elles sont insatisfaites à l’égard de certaines dimensions de leur emploi et, dans le cas plus particulier des « déçues », ressentent de l’injustice au travail.