CR23 - Est-il juste de parler de transitions écologique, énergétique et agroécologique en Afrique ?
Serigne Momar SARR - Département de sociologie
Université Cheikh Anta Diop - DAKAR, Sénégal
Résumé : Notre contribution vise à examiner les contours du concept de transition dans le contexte de l’Afrique subissant continuellement le discours et la politique du système capitaliste international. En effet, au moment où l’Afrique n’est responsable que de 4% de la pollution mondiale et que sa part du commerce international dépasse à peine 3%, n’est-il pas l’heure de rompre avec les injonctions produisant des injustices cognitives et environnementales et des inégalités sociales et économiques ? Déjà, à partir des années 1990, la transition démocratique a été imposée comme conditionnalité à l’aide publique et aux financements, alors que la démocratie ne lui est guère étrangère ! Au demeurant, la question ne se pose plus ; il est plutôt question de s’interroger sur l’invisibilisation des alternatives crédibles et, par-delà, l’accrochage à l’agenda international du développement. Pour cela, nous réfléchirons, documents et données empiriques à l’appui, sur les appels aux transitions écologique, énergétique et agroécologique. Le fait est que la situation coloniale a empêché de voir les dynamiques novatrices et innovantes de forme de gouvernance démocratique et de pratiques écologiques qui s’inscrivaient dans une logique de soutenabilité. De ce fait, est-il juste de parler de « transition » en Afrique, sinon sous quelle modalité, dès lors que quel que soit la responsabilité différenciée sur le réchauffement climatique, l’habiter de la terre en appelle à un effort commun ?