CR17 - Perspectives féministes intersectionnelles sur l’anorexie mentale : entre maladie psychiatrique et phénomène social
Camille COTTAIS - Etudes féministes et de genre, maîtrise
Université d'Ottawa - OTTAWA, Canada
Résumé : L’anorexie mentale est perçue comme relevant principalement des sciences de la santé, particulièrement de la psychiatrie. Pourtant, les sciences sociales peuvent aider à sa compréhension et ainsi à son traitement, ainsi que permettre d’interroger les frontières même du pathologique. Le paradigme biomédical a tendance à réduire l’anorexie au pathologique, à l’irrationnel et à son aspect le plus visuel, soit la perte de poids. Au contraire, une perspective sociologique et féministe nous permettra de souligner la responsabilité sociale et collective de ce phénomène, et notamment comment la culture des diètes et la grossophobie impactent différemment les femmes des hommes, les contrôle alimentaire et corporel faisant partie intégrante de la socialisation féminine. Comme le soulignent les théories féministes, les corps et les normes esthétiques sont marqués par les rapports de pouvoir. Il s’agira ainsi d’adopter une approche intersectionnelle, prenant en compte comment le genre, mais aussi la « race », la classe sociale, l’âge, le handicap ou encore la colonisation façonnent la hiérarchisation des corps et l’expérience des TCA. Il s’agira néanmoins aussi de nuancer la thèse selon laquelle les personnes anorexiques seraient des victimes du patriarcat et des injonctions sociales, notamment en explorant l’anorexie comme résistance au patriarcat et rejet de la féminité traditionnelle et les théories féministes comme méthode de guérison des troubles du comportement alimentaires.