CR35 - Surf et surfeurs dans les Suds : vers une hyper-récréativité des espaces littoraux ?
Lilia KHELIFI - Unité de recherche Médiations
Sorbonne Université - PARIS, France
Résumé : La communication proposée s’inscrit dans le courant de la géographie sociale et culturelle, dont les liens avec la sociologie permettent un dialogue interdisciplinaire. Issue d’une thèse de doctorat portant sur le surf et les surfeurs dans des États dits des Suds (Madagascar et Maroc), les enquêtes qualitatives menées dans plusieurs localités en 2017 et en 2022 ont démontré les bouleversements sociaux induits à différentes échelles par de nouvelles orientations politiques et économiques engagées par un large panel d’acteurs (institutions, hôteliers, individus se revendiquant surfeurs et détenant une activité économique en lien direct avec le surf, telle qu’instructeur, gérant d’une école ou d’un surf camp). Si le tourisme sportif littoral s’est inséré dans un tourisme balnéaire bien ancré depuis le Protectorat français au Maroc et les gouvernements successifs depuis l’indépendance, l’État malgache a quant à lui délaissé ses littoraux jusqu’à sa récente prise en considération sous le gouvernement actuel, concomitamment à une valorisation du tourisme, notamment international, à développer selon les directives supranationales. L’introduction du surf contemporain par la mobilité de surfeurs occidentaux dans ces deux États, associé à une pratique de Blancs riches, transforme à la fois le rapport aux territoires – pas seulement la plage et l’océan –, aux corps, ainsi qu’aux relations sociales entre « locaux » et « touristes », renversant parfois les positions de dominant et dominé.