GTE02 - L’invisibilisation du sans-abrisme des populations réfugiées dans la métropole lyonnaise
Aude Claire FOUROT
Simon Fraser University - VANCOUVER, Canada
(Avec Louis TISSOT)
Résumé : Bien que les personnes ayant connu des expériences de migration forcée ne soient pas surreprésentées parmi celles qui vivent dans des tentes ou des hébergements d’urgence, la hausse du coût de la vie et le manque criant de logements abordables dans le Grand Vancouver les exposent particulièrement au mal logement. En effet, les travailleurs sociaux indiquent que les personnes réfugiées+[1] se retrouvent dans des situations de logement précaire ou inadéquat, autant de formes de « sans-abrisme caché » qui sont à la fois plus fréquentes, plus durables et plus diverses. Ces modes d’habiter, difficiles à observer, quantifier et à cartographier, sont dès lors peu recensés et demeurent en marge des prises en charge comme des débats publics. En soulignant les défis des populations réfugiées+ comme des travailleurs sociaux face au sans-abrisme caché, nous mettons de l’avant les ressorts de l’invisibilisation de ces modes d’habiter. Nous concluons sur l’inclusion de cette notion au sein des discussions plus larges sur le sans-abrisme, cette dernière opérant dans un contexte où les discussions publiques sur les crises du logement et de la migration s’entrecroisent et se politisent. [1] Le terme « réfugiés+ » désigne les personnes ayant un statut de réfugié, comme celles en demande d'asile et celles dont le droit au séjour a été refusé ou encore les Ukrainiens déplacés. Ce terme n’inclut toutefois pas les travailleurs temporaires ni les étudiants internationaux.