CR29 - Les politiques d’intégrité scientifique remettent-elles en cause l’autonomie des chercheurs ? Une comparaison des dispositifs français et britannique
Thibaud BONCOURT
Université Jean Moulin Lyon 3 - LYON, France
Résumé : L’intégrité scientifique est progressivement devenue un objet de politiques publiques, à partir des années 1980 aux États-Unis et des années 2000 en Europe. De nombreux pays ont ainsi mis en place des cadres juridiques, des agences et des dispositifs d’action publique pour diffuser les normes d’intégrité et instruire les méconduites supposées de chercheurs, sur la base de procédures ad hoc. Ces politiques et leur mise en œuvre varient cependant d’un contexte national à l’autre, de sorte que l’intégrité scientifique est susceptible d’être encadrée par des procédures différentes (plus ou moins formalisées, plus ou moins juridicisées, etc.) et par des professionnels aux profils variés (personnels scientifiques ou administratifs, dotés de ressources plus ou moins abondantes, etc.). La régulation des savoirs scientifiques s’écarte ainsi des formes traditionnelles d’évaluation par les pairs pour mettre en jeu d’autres normes, procédures et acteurs à géométries variables. L’objet de cette communication est d’expliquer l’origine des politiques d’intégrité scientifique, les formes diverses qu’elles sont susceptibles de prendre et ce qu’elles impliquent pour l’autonomie des chercheurs dans la régulation des savoirs scientifiques. Elle s’appuie, pour ce faire, sur une comparaison franco-britannique et sur une série d’entretiens avec des acteurs de la production de ces politiques dans les deux pays.