GT30 - Être un chercheur salarié de l’action sociale : enjeux, défis et négociations
Aurélien CAROTENUTO-GAROT - Laboratoire Cresppa-GTM (UMR 7217)
Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis - PARIS, France
Résumé : En France, beaucoup de thèses en Sciences humaines et sociales sont financées dans le cadre de Conventions industrielles de formation par la recherche (CIFRE). Les CIFRE sont des accords tripartites entre un(e) doctorant(e), un laboratoire de recherche et un organisme (public ou privé) souhaitant développer une activité de recherche. Durant mon doctorat, j’ai bénéficié d’une CIFRE (de 2015 à 2018) au sein d’un dispositif central parmi les institutions œuvrant auprès des personnes sans-domicile : un Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO). Ainsi, j’ai accédé à un terrain d’une grande richesse sociologique. Cependant, des tensions se sont développées avec mon employeur. Nous avions des attentes divergentes et nos enjeux respectifs se sont opposés. Nos désaccords se sont cristallisés, puis incarnés à travers divers cas de violences symboliques et institutionnelles. Cette situation est descriptive des difficultés à préserver son identité de chercheur, lorsque l’on se trouve dans une position de subordination au sein d’un dispositif méconnaissant le monde de la recherche et cherchant à soumettre les enjeux scientifiques aux siens. Ces réflexions pourraient avoir une résonnance avec les situations de chercheurs intégrés au sein d’institutions extérieures au monde académique, notamment en thèses CIFRE et/ou salariés dans le secteur de l’intervention sociale. C’est pourquoi je souhaiterais échanger au sujet de l’analyse que je fais de cette expérience.