CR02 - Une éthographie de l’invisible : un effort d’articulation entre spatialité et sexualité. Le cas des HSH des grands ensembles
Axel RAVIER - DySoLab - Centre en études genre
Université de Rouen-Université de Lausanne - LAUSANNE, Suisse
Résumé : Les nombreuses études sur l’homosexualité ont rapidement pris en considération l’espace dans leurs analyses, en s’intéressant notamment aux rapports des individus à la ville, ainsi qu'aux lieux homosexuels visibles (Leroy 2009). Pour Colin Giraud, ce type d’analyse porte sur la « présence homosexuelle » dans l’espace, sa signification identitaire et symbolique. Cependant, on ne sait concrètement pas « ce qui se passe » dans ces lieux, et quasiment rien sur ce que ces espaces font aux individus, « sur la manière dont les homosexuels les fréquentent, les pratiquent et les occupent » (Giraud 2010). Ainsi, le chercheur s’est intéressé à l’émergence des quartiers gais et à leurs effets sur les « carrières » homosexuelles. Pour autant, ces espaces demeurent des lieux identifiables par et pour les minorités sexuelles. Dès lors, comment comprendre ce qui se passe quand les occupations ne laissent pas de traces ? En se basant sur une enquête ethnographique réalisée auprès d’hommes ayant des relations sexuelles et amoureuses avec des hommes, habitant ou ayant vécu au sein des grands ensembles d’Île-de-France, cette contribution se demande en quoi l’analyse des vécus homosexuels au sein des grands ensembles démontre l’intérêt de prendre en compte simultanément l’intersectionnalité dans les analyses spatiales, et la spatialité dans les analyses intersectionnelles, et cela, dans une réflexion plus large questionnant les méthodes disponibles pour étudier simultanément les quartiers populaires et la sexualité.