CR10 - Concilier l’injonction à la disponibilité maternelle et les contraintes professionnelles. Le cas du recours aux agences de garde périscolaire
Hélène MALARMEY - IRISSO
Université paris-Dauphine - PARIS, France
Résumé : Depuis les années 1990, le gouvernement français met en place des politiques socio-fiscales à destination des foyers afin de stimuler la création de ces emplois domestiques et de favoriser l’externalisation du travail de care. Celle-ci permet aux femmes de classes moyennes et supérieures de se délester de leurs responsabilités quotidiennes et de se consacrer à la sphère de l’emploi, tout en en confiant la prise en charge à des travailleuses situées en bas de la hiérarchie sociale et professionnelle. C’est à cette période que se développent les agences privées de garde d’enfants à domicile. Dans ce contexte, les agences de garde d’enfants sont investies par les mères actives comme un moyen de répondre aux injonctions qu’elles subissent : celles de faire carrière tout en étant disponibles pour leurs enfants. Ces agences recrutent et salarient des gardes d’enfants pour le compte de parents cherchant à faire garder leurs jeunes enfants après l’école. Comment la sous-traitance de la garde périscolaire est-elle utilisée par les mères actives aux horaires de travail extensifs pour articuler leurs temps de vie et se mettre en conformité avec les normes de parentalité ? En mobilisant les résultats d’une recherche doctorale, nous verrons que le recours à un prestataire de service pour la garde périscolaire repose la volonté de performer la parentalité, et s’accompagne d’un fort investissement des mères qui se traduit par une « managérisation du travail domestique » fortement genré.