CR19 - Un terrain de recherche si proche et si difficile d’accès
Marie LEON - Institut du travail - Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe (SAGE)
Université de Strasbourg - STRASBOURG, France
Résumé : Être étudiante dans une université française ne signifie pas une connaissance accrue du système universitaire et de ses dimensions organisationnelle et institutionnelle. Néophyte dans le milieu de la recherche, ayant effectué un master 2 professionnel et n’étant pas socialisée à ce monde professionnel, j’ai été confrontée durant mes années de thèse à un ensemble de questionnements sur la production des connaissances scientifiques et sur ma posture de chercheuse. Je me suis interrogée sur la manière de co-produire des connaissances sur le processus de fusion des universités strasbourgeoises, alors même que j’étais doctorante dans cette même université et que mon directeur de thèse s’était publiquement et farouchement opposé à cette fusion. Qu’attendais-je de cette recherche ? Comment faire face et finaliser la rédaction d’une thèse lorsque le fait d’être la « doctorante de » freine l’entrée sur le terrain d’étude et que l’accès aux archives y est quasiment fermé ? Dans cette communication, je rendrai compte du travail réflexif que j’ai opéré durant toute la durée de ma thèse sur un terrain d’étude si proche et si difficile à la fois. J’interrogerai plus particulièrement le statut de « jeune chercheuse », mes limites psychiques et leurs dépassements, ainsi que les difficultés rencontrées pour contourner l’asymétrie des entretiens et la volonté de certains informateurs, masculins, de m’imposer une méthode de travail scientifique fondée sur une recherche hypothético-déductive.