GT08 - L'utilisation de la honte dans les punitions pré-modernes : un dialogue interdisciplinaire entre la criminologie et la psychologie
Ines FERREIRA DIAS TAVARES - Département de criminologie
Université d'Ottawa - OTTAWA, Canada
Résumé : Proposition pour l'axe 1 Foucault (1975) et Ignatieff (1978) ont reconnu la participation essentielle de la foule au spectacle public des pratiques punitives pré-modernes, mais ils n'ont pas analysé le rôle de la honte dans ces pratiques. Pour comprendre comment la honte était utilisée dans les châtiments pré-modernes, la criminologie doit entrer dans un dialogue interdisciplinaire avec la psychologie. J'utilise les définitions psychologiques de la honte de Piers (1971) et Scheff (1997) - la honte comme un échec à atteindre un état idéal, qui sera évalué négativement par un public externe, provoquant une peur de rompre le lien social - et je l'applique à une punition communautaire pré-moderne : le charivari. Il s'agissait d'une punition communautaire par laquelle une foule locale ridiculisait, parfois expulsait quelqu'un qui avait transgressé les règles de la communauté. La honte en était un élément central : d'une part, en exposant les erreurs du coupable à la communauté, la personne était perçue comme n'atteignant pas les idéaux communautaires et, de ce fait, comme ayant un statut dégradé (Garfinkel, 1956). De plus, le charivari concrétisait la peur de rompre le lien social par l'expulsion du coupable de la communauté. À travers le dialogue avec la psychologie, nous voyons que dans les pratiques pré-modernes, la honte punissait en exposant les défauts du coupable au public et en matérialisant la peur de rompre le lien social.