CR24 - Quel paradigme pour comprendre le monde : « Petites sociétés » ou « aires culturelles » ?
Madalina JOUBERT - PLIDAM
INALCO - PARIS, France
Résumé : Nous vivons une ère du retour, sous des formes renouvelées, à l’encyclopédisme. J’en veux pour preuve les nouveaux ouvrages se consacrant à une histoire mondiale de Musées (K. Pomian, 2020), des Ruines (A. Schnapp, 2020), des Civilisations (J.-P. Demoule et al., 2018), etc. L’intérêt pour l’exhaustivité attire, presqu’inévitablement, celui pour le comparatisme. Dans le même mouvement, le « décentrement » du chercheur redevient un enjeu épistémologique majeur. Dès lors, quels sont les outils et les concepts mieux à même de remplir ces fonctions ? On assiste en France à une réviviscence du débat autour de la notion d’« aire culturelle », traduction imparfaite de l’anglo-américain area studies, dont l’introduction dans l’espace épistémologique français remonte à Fernand Braudel. Mais de nos jours, l’acception initiale a changé ainsi que les enjeux institutionnels et scientifiques autour de cette notion. L’INALCO, le CNRS, l’EHESS, Sciences Po, en font l’axe stratégique de leur politique de formation et de recherche. Pour autant il n’y a pas de consensus sur le contenu épistémologique et la portée méthodologique de la recherche par « aires culturelles » opposée aux « disciplines ». Il n’est pas rare de croiser dans les différents discours sur les « aires culturelles », la notion de « petite société » ou de « petite culture ». Dans ma communication je souhaite mettre en regard ces deux problématiques épistémologiques telles qu’elles se révèlent dans quelques documents institutionnels officiels.