GT08 - La déviance comme précurseur à la délinquance : le cas des jeunes pris en charge par la Protection judiciaire de la jeunesse
Asma CHERIGUI - laboratoire Profeor-Cirel
université de Lille - LILLE, France
Résumé : Plusieurs courants théoriques se sont intéressés aux facteurs qui influencent l’apparition de la déviance. Becker (1985) fait de la déviance un objet sociologique à étudier. Il interroge la norme, il porte un regard critique sur les conceptions qui définissent la déviance comme quelque chose de pathologique. La déviance est donc selon Becker, la désobéissance d’une loi ou d’une règle et la mise en place d’un projet ou d’une action quel que soit le mode permettant de répondre à cette désobéissance (Becker, 2002, p.193). Il soutient que sous le prisme de la société conventionnelle, les « déviants » apparaissent comme des étrangers (outsiders) ou comme les appelle Bourdieu « les exclus de l’intérieur » (Bourdieu & Champagne, 1992). Du point de vue de ces derniers, ce sont les membres de cette société qui sont étrangers à partir de l’idée que les acteurs ont une connaissance de l’intérieur de leur réalité et qu’ils sont capables de réflexivité. Becker déconstruit cette notion de déviance. Il considère la déviance comme une « création sociale » et il est l’introducteur du terme « d’étiquetage » (labelling theory). La déviance n’est pas une caractéristique inhérente aux comportements ou aux personnes mais le résultat d’un processus d’étiquetage et le résultat d’une influence mutuelle entre l’individu et la société. L’étiquetage est prédictif et performatif, il s’agit d’une interaction entre préjugé et étiquetage qui prédit et construit la déviance.