SC05 - Contre la masculinisation de l’alimentation : le « carnivore diet » face à la stigmatisation des féministes véganes
Mathilde DEBBICHE
Université Toulouse Jean Jaurès - TOULOUSE, France
Résumé : « Je commence la journée avec une tête de lotte » voici la représentation idéale du petit-déjeuner de l’influenceur Jack Turco propriétaire du compte Butter Dawg. Le carnivore diet consiste à se nourrir exclusivement de protéines animales : viande, poisson, œufs et plaquette de beurre bannissant de facto les produits végétaux. Indexée sur la masculinité où la force énergétique et mentale de l’animal se transmet et réconforte la prétendue supériorité du masculin, la consommation de viande n’est-elle pas en lien intime avec la construction ontologique du masculin ? À l’inverse, les féministes véganes voient dans l’infériorisation et la consommation structurelle de la chair animal un lien avec l’oppression corporelle féminine dont le dénominateur commun est le patriarcat. Si le véganisme est émancipateur au sens où il permet une libération commune de l’être animal et féminin, n’est-il pas une réactivation d’une domination masculine alimentaire où le féminin est exclu du régime carné ? Plus enclin à choisir une salade qu’une entrecôte, le véganisme féministe ne conforte-t'il pas les femmes dans leur rôle féminisé où l’alimentation se compose de végétaux ? À l’image de Dominique Lestel ne faut-il pas faire une apologie du carnivore pour briser les stéréotypes alimentaires féminins en surconsommant des produits d’origine animale ? Au contraire, ne faut-il pas déconstruire l’alimentation carnée qui s’est construite sur cette masculinité à l’image des féministes véganes ?