CR01 - Le territoire du Médoc comme espace symbolique pour les jeunes saisonniers nomades
Emilie AUGER - Centre Emile Durkheim
Université de Bordeaux - BORDEAUX, France
Résumé : Vivre sa jeunesse en camion en exerçant des emplois saisonniers au gré de ses voyages est un mode de vie marginal souvent considéré comme précaire. En effet, en 2018, Ixchel Delaporte avait repéré des conditions de travail très difficiles chez les salariés des domaines viticoles bordelais la conduisant à nommer son enquête « Les raisins de la misère ». Toutefois, l’enquête ethnographique que nous avons menée durant deux ans auprès de 55 jeunes saisonniers nomades exerçant dans des châteaux viticoles du Médoc a montré que ces jeunes réitéraient leurs expériences d’emploi sur le territoire bien que leurs conditions d'existence ne soient pas toujours assurées par les propriétés viticoles. La question est donc la suivante : si ce n'est pas les conditions de travail ou d'accueil qui incitent ces jeunes à revenir, quel est le lien symbolique qui unit ce territoire aux saisonniers nomades ? Pour tenter de répondre à cette question et en nous appuyant sur les théories du symbole (Descharneux et Néfontaine, 1998 ; Elias, 2015), nous montrerons que le Médoc est une terre de symboles significatifs (Mead et Perreau, 2012) forte en identification à la culture alternative du nomadisme saisonnier. Il s’agit même, pour cette terre, d’être matérialisé comme le lieu fixe contribuant à l’unité du groupe, une forme de « fixité dans l’espace » (Simmel, 1999, p.678). L’espace représentant alors ce que Michel Parazelli (2002) qualifie « d’espace comme ressource d’interaction ».