CR36 - Ethnicité, migrations et citoyenneté

Référente : Stéphanie GARNEAU - sgarneau@uottawa.ca

Migrations : enjeux de (co)production de savoirs et de positionnement

Axe 1. Crise de légitimité des travaux sociologiques sur les migrations

Les domaines des études migratoires et des relations ethnoraciales semblent aujourd’hui concurrencés par des essais rédigés par des journalistes et des politiques ainsi que par la réalisation de romans, de documentaires et de films, nous invitant à nous interroger sur ce que peuvent apporter de particulier les savoirs produits par les chercheur·e·s. Cette question est d’autant plus forte dans ce domaine d’études que l’argument construit de « l’excuse sociologique » (Lahire, 2016) ou les polémiques soulevées par les mouvements anti-wokisme servent très souvent à la disqualification des travaux sociologiques construits patiemment et rigoureusement. Par-delà la crise du monopole des savoirs scientifiques, c’est aussi la relation entre chercheur·e·s universitaires et personnel politique qui est en crise puisque ce dernier s’adresse très peu fréquemment aux universitaires (Héran, 2023). La sociologie est ainsi confrontée à une interrogation sur les manières de faire du travail scientifique lorsque l’objet d’étude est à ce point miné par des polémiques politiques et idéologiques.

Axe 2. Crise des épistémès, crise des positionnalités ?

La domination linguistique avérée de l’anglais dans le monde internationalisé de la recherche ne doit pas dissimuler la pluralité interne à la sociologie de langue française, notamment tributaire de l’histoire coloniale. Si les réflexions sur les injustices épistémiques se répandent progressivement (Fricker, 2009 ; Godrie et Dos Santos, 2017 ; Bessone, 2020) – parfois formellement encouragées (Martin, 2013) – il reste que certaines perspectives et savoirs subordonnés peinent encore à faire leur véritable entrée dans l’espace scientifique francophone (Garneau et Giraudo-Baujeu, 2018 ; Bouzelmat, 2019). C’est donc à une véritable réflexion d’ordre épistémologique et méthodologique que nous sommes ainsi convié·e·s : Comment faire de la recherche avec des personnes ex-colonisées, migrantes et racisées (Spivak, 1988 ; Ait Ben lmadani et Moujoud) ? Comment mobiliser les savoirs invisibilisés, profanes comme scientifiques ? Comment pratiquer l’épistémologie du positionnement à bon escient et quels sont ses effets concrets de connaissance ?

Les propositions de communications pourront questionner plusieurs aspects des regroupements thématiques ou relever plus frontalement d’un seul de ces deux axes. Tous types de recherches et de terrains sont les bienvenus.

L'appel à communiquer du CR36 est clos.